samedi 16 mai 2026 – 18h30
Né à Moulins, pianiste, professeur et auteur, Benjamin Halay réalise, en 1997, la première étude universitaire consacrée à Michel Petrucciani et travaille avec lui durant les cinq dernières années de sa vie.

Benjamin Halay, piano
François Perrin, contrebasse
Ce concert Jazz propose un pont inattendu mais profondément naturel entre deux mondes musicaux : la sensibilité romantique du XIXᵉ siècle et l’expression du jazz moderne.
Car le romantisme n’est pas seulement une époque : c’est une manière de dire l’âme. Chez Frédéric Chopin, Robert Schumann ou Franz Liszt, la musique devient confidence, souffle intérieur, poésie ardente. Un siècle plus tard, cette même flamme traverse le jazz et trouve en Michel Petrucciani l’une de ses voix les plus lumineuses. Son piano chante avec la même intensité lyrique, la même liberté expressive : un romantisme réinventé, vibrant d’improvisation.
Après une scolarité d’abord difficile, Benjamin Halay obtient une licence à la Sorbonne, puis une maîtrise et un DEA à l’Université de Tours ainsi qu’à l’École Normale Supérieure de Paris.
Il étudie auprès de nombreux professeurs et chercheurs, parmi lesquels Jean-Michel Vaccaro, Jean-Pierre Ouvrard, Alain Poirier, Philippe Vendrix, Gérard Bougeret, Guy Gosselin, Vincent Cotro, Éric Meloche, Jean-Clément Jollet, Michelle Biget-Mainfroy ou Malou Haine, et côtoie des personnalités telles que Gilles Gérard, Grégoire Lorieux, Cyrille Gautreau, le pianiste et compositeur Karol Beffa, François Popineau, les organistes Frédéric Rivoal, Pascal Marsault, Olivier Périn, ou encore les chanteuses lyriques Marie Lenormand et Géraldine Chauvet.
Il se passionne alors pour le jazz, la musique ancienne et l’ethnomusicologie.
Il contribue également à plusieurs revues nationales, dont Jazzman.
En 1992, il crée en Centre-Val de Loire le festival Val de Jazz, avec son ami d’enfance Nicolas Berton, et collabore durant plus de vingt ans à de nombreux projets, notamment avec Pierre-Gérard Verny et Didier Lockwood. Il y programme des artistes tels que Richard Galliano, Yves Duteil, Michel Legrand, The Golden Gate Quartet, Marcus Miller, Claude Bolling, Ahmad Jamal, Baptiste Trotignon, Franck Avitabile, Dee Dee Bridgewater, Anne Ducros, Diane Tell, Rhoda Scott, Johnny Clegg, Manu Dibango, Yuri Buenaventura, Mike Stern, Maceo Parker, Salif Keita, Zaz…
Aujourd’hui, il se produit régulièrement dans différents projets musicaux autour des œuvres de Michel Petrucciani, notamment avec le contrebassiste François Perrin et le saxophoniste Jeff Verry…
Pour suivre sa biographie flamboyante… consulter ses pages Internet.
Mais ce concert est aussi un hommage…
Hommage aux musiciens qui, par leur art, transforment les fragilités de l’existence en force créatrice. Hommage plus largement à tous les travailleurs et artistes en situation de handicap, dont la détermination, l’exigence et la sensibilité enrichissent notre société et notre vie culturelle.
À travers la figure inspirante de Michel Petrucciani — dont la trajectoire artistique demeure un symbole de courage et de liberté — ce programme rappelle que la musique, plus que tout autre langage, sait dépasser les limites apparentes pour révéler la puissance intacte de l’esprit humain.
Pianiste de jazz et compositeur majeur de la fin du XXe siècle, Michel Petrucciani, décédé à l’âge de 36 ans, a traversé son époque comme une étoile filante. Petit homme aux os de verre, à la frêle silhouette mais à l’inébranlable génie, il a suscité l’émerveillement, tant il inspirait l’humilité. Ceux qui l’ont écouté ont été touchés au coeur, ceux qui l’ont vu sur scène et ceux qui ont croisé son chemin ont été marqués pour toujours. Son ascension fulgurante, le succès, la reconnaissance, les honneurs, les distinctions ont fait partie de son monde et les plus grands artistes l’ont respecté et admiré. Malgré sa santé » plus fragile que la feuille à l’arbre « , le masque de la douleur et de l’affliction n’a jamais pris le pas sur sa joie de vivre, sa générosité et son talent. Sa musique surgit d’une mystérieuse source, tant ses mélodies illuminent l’âme de ceux qui les écoutent tel un » oiseau tissé en fil de Paradis « . Sa force et ses faiblesses ne faisaient qu’un. Il était Vézelay et Sancerre en même temps. Cultivant la foi à travers son art, il a hissé l’homme à son plus haut degré d’exigence pour toucher Dieu du bout des doigts. Vénérant Bacchus et l’art de bien vivre, il a versé dans les excès pour mieux » partir en barigoule « .
Remerciements à Romain Bourdon-Joliclercq, accordeur de piano diplômé de l’Institut National des Jeunes Aveugles à Paris (2015), pour son travail bénévole de préparation des pianos.
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